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La Biotech OncoDNA réussit à convaincre la SFPI


©Debby Termonia


La biotech wallonne OncoDNA vient de lever 5 millions d’euros. L’opération doit lui permettre de faire grandir sa base de données mise en ligne via son logiciel OncoKDM et de passer rapidement de 10.000 à 100.000 patients aidés.


Après avoir récolté un montant de capitaux frais record l’an dernier, les sociétés biotechnologiques belges semblent bien parties pour faire aussi bien cette année. À elles seules, les wallonnes avaient augmenté leurs capitaux de près de 500 millions d’euros en 2018… Parmi les premières à ouvrir le feu en 2019 figure la société OncoDNA, une des stars de cet écosystème au sud du pays. Elle vient ainsi de lever cinq millions d’euros, a-t-on appris à bonnes sources. L’opération, que nous confirme le CEO et fondateur Jean-Pol Detiffe, a permis l’entrée d’un nouveau partenaire de poids dans son tour de table: la Société fédérale de participations et d’investissement (SFPI) en a en effet souscrit une grande partie. Le holding public fédéral vient donc y rejoindre son homologue wallon SRIW, mais aussi l’invest hennuyer Sambrinvest et un bel ensemble d’actionnaires privés, parmi lesquels Jean Stéphenne (ex-patron de GSK), François Blondel (CEO de Kitozyme, serial entrepreneur), le fonds Inventures d’Olivier de Duve ou encore le holding coté Ackermans & van Haaren, via sa filiale Sofinim. La précédente augmentation de capital d’envergure avait été réalisée par OncoDNA en septembre 2016: elle avait levé alors 7,7 millions d’euros.

Ce qui a séduit la SFPI? "Je crois que c’est notre approche déjà globalisée, répond Jean-Pol Detiffe, avec des outils validés et des clients à travers le monde. Notre approche sociétale l’aura également attiré." Difficile, en revanche, de savoir la part exacte souscrite par la SFPI sur les 5 millions. "C’est un montant significatif. Mais tous les actionnaires historiques ont également participé à l’opération."


"Tous les actionnaires historiques ont également participé à l’augmentation de capital."JEAN-POL DETIFFE


Agrandir la base de données

L’objectif de la nouvelle récolte de fonds est d’augmenter la taille de la base de données d’OncoDNA. La société basée à Gosselies a, pour rappel, développé des tests avancés et complets de biomarqueurs pertinents du cancer (profils ADN, ARN et protéines) et mis au point et enrichi, parallèlement, une base de données de connaissances et d’échanges d’expériences sur les traitements de cette maladie. En combinant les deux, les résultats des tests et leur intégration dans la base de données, le but est d’établir des comparaisons avec les expériences recensées d’autres patients, afin d’identifier les traitements disponibles les mieux adaptés.


Dans ce cadre, OncoDNA a notamment lancé, voici deux ans, le projet "Moncodaneum", qui a débouché sur la mise en ligne d’un logiciel "SaaS" ("Software as a service") permettant de connecter un maximum de centres de lutte contre le cancer à travers le monde. Baptisé "OncoKDM", ce système va bénéficier du nouveau financement.


"Le but principal de la levée de fonds est de pousser le développement ‘marché’ de notre solution SaaS appelée OncoKDM et qui aide à distance pour le choix de traitement pour des patients cancéreux", détaille Jean-Pol Detiffe. "Plus d’une quinzaine de centres oncologiques européens utilisent à ce jour notre solution OncoKDM et nous voulons accélérer son expansion."


OncoDNA a déjà essaimé au-delà du Vieux continent également. Elle a signé un premier accord avec Clinomics, un partenaire en Corée du Sud: "Grâce à ce partenariat, nous effectuons d’ores et déjà l’analyse à distance pour trois grands hôpitaux sud-coréens", indique Jean-Pol Detiffe, qui ajoute qu’il fera partie de la mission royale belge qui s’envolera pour Séoul dans un mois.


Avant la mise au point de la solution OncoKDM, OncoDNA avait aidé quelques milliers de patients grâce à sa base de données: environ 7.000. Le lancement du logiciel en ligne a pris quelque temps et est passé par une phase pilote. Il a permis d’ajouter quelque 3.000 patients à cette liste à ce jour, ce qui fait un total de 10.000.

"À présent, nous allons passer à la vitesse supérieure, poursuit le CEO. Nous allons augmenter considérablement la taille de la base de données et pousser à fond le logiciel SaaS. Notre objectif? D’ici fin 2020, nous espérons avoir aidé 100.000 patients."

Le fait que le système soit interprétable à distance devrait contribuer à étendre son utilisation à travers les frontières. Devrait aussi y contribuer le fait que le centre oncologique client ne paie le service qu’au rapport produit.


Break-even dans deux ans?

Cela dit, au point de vue financier, OncoDNA en est toujours à "brûler du cash". Elle n’a pas encore atteint le stade du break-even, puis de la profitabilité, ce qui est normal vu qu’elle défriche des territoires entièrement nouveaux. La précédente augmentation de capital avait entre autres permis d’effacer les pertes antérieures, qui s’élevaient à 7,6 millions. Ses résultats 2018 n’ont pas encore été publiés. Jean-Pol Detiffe estime qu’OncoDNA pourra atteindre l’équilibre "vers 2020".


Activité en croissance dans les tests

Quant à prévoir s’il faudra encore lever des fonds d’ici là, "cela dépend de l’endroit où vous placez le curseur", dit-il. "D’autres biotechs brûlent énormément de cash. Ce n’est pas notre cas. L’opportunité d’une nouvelle augmentation de capital dépendra du rythme d’adoption de notre logiciel. Si l’on arrive à convaincre un nombre suffisant de clients générant du cash, ce ne sera pas nécessaire. Nous avons aussi la chance d’avoir une activité dans les tests qui est en croissance, et qui fait l’objet de premiers remboursements."

Allusion au fait que les tests de profilage génétique d’OncoDNA donnent désormais droit à un remboursement partiel auprès de la mutualité libérale Hainaut-Namur en Belgique, et à l’approbation du remboursement de son test OncoStrat & Go (analyse du profil génétique complet de la tumeur, qui permet de prédire la réponse aux thérapies envisagées) par plusieurs compagnies d’assurance au Royaume-Uni. "D’autres accords de remboursement devraient suivre", ajoute le CEO. Avec des mutuelles, ainsi qu’avec des compagnies d’assurance.


Source: l'Echo, 26 février 2019

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